Gérard Gentil

Prendre des risques lui a ouvert les portes d'une vie et d'une carrière extraordinaires.

Prendre des risques lui a ouvert les portes d'une vie et d'une carrière extraordinaires.

NomGérard Sylvain Pépin GentilDate de naissancele 21 février 1944Lieu de naissanceFort de France, MartiniqueOrigine ethniqueMartiniquais, métisProfessionsRéalisateur, monteur vidéo, graphiste, scénariste, mentor, spécialiste de la croissance médiatique, directeur créatifLe site Webgerardgentil-dop.comPartager ceci

​​Gérard Gentil n'est pas homme à laisser passer les opportunités d'aventure dans sa vie privée comme professionnelle. Cette âme libre et cette philosophie de vie qu'il a adoptées ont débouché sur un parcours exceptionnel.

A woman in a dress and heels pushes a man with a camera in a playful pose.
Marilyn Brooks (Photo courtoisie de Gérard Gentil)
Photo : Gérard Gentil ; Coiffure : La Coupe ; Coordination mode : Calvin French

Jeunesse et Carrière

Né à Fort-de-France, en Martinique, Gentil était le seul fils parmi trois enfants, avec ses sœurs Jocelyne et Ghislène. Son père, Guy, était infirmier major dans la Marine française et sa mère, Amélie, travaillait dans une banque. Il a fait ses études secondaires au Lycée Victor Schœlcher.

À sept ans, Gentil se souvient avoir pris une photographie de sa sœur Jocelyne, qui avait alors cinq ans, et il la qualifie de sa première photo de mode. « Adolescent, j’apportais un appareil photo partout, prenant des photos de tous ceux que je voyais, y compris ma famille », se souvient-il.

En grandissant en Martinique, Gentil a emménagé seul dans une maison près d'un hôtel où il dit: « Je passais parfois du temps à boire un verre, écouter de la musique et rencontrer des touristes. » Un soir, il a rencontré deux hommes en vacances de Montréal et est rapidement devenu ami avec eux. « Je leur ai proposé de les conduire autour de l'île, leur économisant le coût des taxis », explique-t-il. Ils étaient si heureux de l'avoir rencontré qu'avant de partir, ils lui ont dit : « Si jamais tu veux venir à Montréal, tu peux rester chez nous. » 

Gentil, qui avait 19 ans, a accepté leur offre, déménageant à Montréal en 1967 pendant l'effervescence d'Expo 67 (Exposition internationale et universelle), célébrant le 100e anniversaire du Canada.

Après son arrivée au Canada, Gentil a organisé un dîner avec ses nouveaux amis dans leur appartement. L'une des invitées de son ami était Ulla Moreland, un mannequin qui a demandé si Gentil était intéressé à devenir photographe de mode.

Elle lui a expliqué l'industrie de la mode montréalaise, le conseillant sur des contacts potentiels et proposant des idées qu'il devrait explorer. « Malheureusement, malgré le réseautage avec plusieurs contacts influents, je me suis senti rejeté par l'industrie, pas pris au sérieux », explique Gentil. Mais ces refus ont alimenté sa détermination à réussir comme photographe, et il s'est inscrit dans une école de photographie privée, SMP (School of Modern Photography).

 

 

Cette section spéciale crée un espace de deux photos qui débordent sur la marge latérale.

 

 

Black-and-white portrait of an elegant woman wearing a patterned headscarf and layered jewelry.
Marie, la fille d’Adélina, la grand-mère de Gérard, née en 1888.
Adélina, l’arrière-grand-mère de Gérard, fille d’une personne réduite en esclavage. (Photo fournie par Gérard Gentil)

« C'est comme si j'étais sur une corde raide, ne tombant d'aucun côté, parce que je n'ai pas l'air noir », explique Gentil. « Je n'ai jamais rencontré de gens qui auraient eu des problèmes avec le fait que je sois métis. »

Briser les Barrières

Après cinq ans à Montréal, Gentil a déménagé à Toronto en 1972 pour poursuivre son rêve d'apprendre l'anglais. En travaillant avec le magazine Châtelaine à la fin des années 1970, il se souvient avoir eu « la chance de faire une séance photo avec Patti Hanson (Mme Keith Richards des Rolling Stones), ce qu'elle a apprécié ». Hanson a parlé en faveur de Gentil à Wilhelmina Cooper, la mannequin néerlando-américaine et fondatrice de Wilhelmina Models. « Ces mots bienveillants ont convaincu Wilhelmina de m'introduire sur le marché américain, où j'ai voyagé à travers le pays avec elle, comme juge de concours de beauté », explique-t-il.

Gentil partage que « Pendant la période où j'ouvrais mon studio sur la Cinquième Avenue de New York, Wilhelmina est tombée malade et est décédée, juste quelques semaines après avoir lutté contre le cancer du poumon. » Se souvenant de son amie avec un tremblement dans la voix, il ajoute : « Il y a des gens qu'on ne peut tout simplement pas oublier. » À ce jour, Gentil éprouve une profonde reconnaissance envers Cooper, qu'il crédite d'avoir eu un impact majeur sur sa carrière en Amérique du Nord. « Mon temps avec elle représente un véritable tournant dans ma carrière », déclare-t-il, parlant doucement.

Peu de temps après le décès de Cooper, Gentil a commencé à travailler avec Eileen Ford de Ford Models. Au début des années 1980, Ford était l'une des agents les plus puissantes de New York. « Ford a eu une très grande influence dans ma vie professionnelle », admet Gentil. «C'est à ce moment-là que j'ai commencé à travailler avec quelques-uns des grands noms. »

Vidéo tirée de www.gerardgentil-dop.com

Au cours de sa carrière, Gentil a accumulé un portfolio de couvertures allant des magazines canadiens Chatelaine, Flare, Style, et Toronto Life FASHION , aux publications américaines Vogue, Glamour, Seventeen, Cosmopolitan, Ladies Home Journal et Harper’s Bazaar.

« C'est comme si j'étais sur une corde raide, ne tombant d'aucun côté, parce que je n'ai pas l'air noir », explique Gentil. « Noir d'une femme esclave, blanc de son maître », c'est ainsi qu'il décrit ses origines ethniques métisses. « Je n'ai jamais rencontré de gens qui auraient eu des problèmes avec le fait que je sois métis », dit-il.

« Même mon ami, Calvin French, qui était considéré comme le premier mannequin masculin noir superstar du Canada et s'identifiait comme une personne de couleur, n'a jamais fait face à des obstacles raciaux », dit Gentil. « Il était respecté pour son talent plus que pour la couleur de sa peau », observe Gentil. « Votre attitude et la façon dont vous vous exprimez leur font oublier que vous êtes noir. »

Mais après avoir volé haut et obtenu un grand succès comme photographe à New York, Gentil a commencé à se questionner sur ce que cela signifiait. « J'ai commencé à réaliser à quel point ma vie était vide et croyez-le ou non, avant de m'en rendre compte, j'ai fermé mon studio après huit ans à New York et me suis dirigé vers l'Europe, laissant tout derrière », dit Gentil. Il révèle qu'« éventuellement j'ai réalisé que c'était une sorte de voyage spirituel que je recherchais. »

Fashion magazine cover featuring a woman in an elegant gray gown with bold jewelry.
Lena Horne dans Essence (Photo courtoisie de Gérard Gentil)

Influence et Héritage

David Nankoff, ami de Gentil et directeur du développement commercial au Festival mondial du film de Montréal, se souvient : « Quand je l'ai rencontré pour la première fois, il débordait d'un talent créatif comme je n'en avais jamais vu chez des photographes. » Ajoutant : « Il était assez unique et avec ses capacités, je pensais qu'il s'élèverait au sommet. » Nankoff se rappelle que bien que Gentil se soit initialement fixé un objectif de trois ans pour photographier pour plusieurs magazines bien connus, il a accompli cette liste en seulement trois mois.

Les compétences que Gentil a acquises tout au long de sa carrière l'ont finalement mené à se lancer dans la cinématographie. « Quand j'ai découvert que filmer, c'est de la photographie fixe, je me suis senti en paix avec cela », explique-t-il. Il a été impliqué dans un projet de court métrage sur l'art du mariage, intitulé Martial Arts, réalisé par Anthony Marinelli et projeté au Festival de Cannes 2017.

Gentil a également travaillé sur un court métrage de 2021 intitulé The Dump, réalisé par l'acteur Neil Holland, qui a été largement nommé dans des festivals de cinéma à travers les États-Unis, remportant plusieurs prix. « Participer à ces projets apporte certes de nouvelles pressions, mais cela peut créer un environnement passionnant », partage Gentil. « Ça vous garde vivant. »

Dernièrement, Gentil s'est intégré dans l'industrie du film et participe présentement à aider des sociétés de production vidéo à augmenter leur visibilité de marque en collaboration avec une équipe d'experts très qualifiés. Parallèlement, il a été sollicité pour concevoir un nom, un logo et une campagne pour un nouveau resort qui arrive en Martinique.

Il est temporairement rentré chez lui à la suite du décès de sa mère et révèle qu’on lui a proposé un poste de consultant créatif pour des projets d’événements en direct avec Alicia Keys et Yemi Alade (négociations en cours).  

« Pourquoi ai-je choisi d'être photographe ? » se demande Gentil, en conclusion. « Je ne voulais pas de patron », répond-il. « La liberté a toujours été importante pour moi », et ce mode de vie lui permet d'explorer le monde et de découvrir de nouveaux environnements. « Si vous avez un esprit libre », dit Gentil, « beaucoup de portes s'ouvrent et des opportunités apparaissent. Une fois que vous avez cet état d'esprit, la vie est si généreuse. »

La plupart des décisions prises sans souci par Gentil l’ont conduit à la vie extraordinaire qu’il mène, et il espère les partager tout en offrant des conseils aux autres.

A filmmaker reviews a camera setup at a cemetery, with white headstones and greenery in the background.
(Photo fournie par Gerard Gentil)

Nankoff se rappelle que bien que Gentil se soit initialement fixé un objectif de trois ans pour photographier pour plusieurs magazines bien connus, il a accompli cette liste en seulement trois mois.

A propos des auteurs :

Over the years Prof. Gooden has built a multi-media career as an editor, writer, presenter, public relations consultant and special event manager, spokesperson, host, and educator. She...

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